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Fiscalité sur la cession d’entreprise

Fiscalité sur la cession d’entreprise : anticiper pour optimiser la plus-value

Introduction : un enjeu patrimonial majeur

La cession d’une entreprise constitue souvent l’aboutissement d’un parcours entrepreneurial. Mais au-delà de la dimension économique, c’est avant tout un acte patrimonial majeur. La fiscalité appliquée sur la plus-value réalisée peut varier considérablement selon la durée de détention, le mode de détention (directe ou via une société holding) et la situation personnelle du cédant. Anticiper cette fiscalité permet de préserver et de réinvestir plus efficacement le capital issu de la vente.

1. La fiscalité des plus-values en cas de détention directe

Lorsqu’un dirigeant détient ses titres en direct (dans son nom propre), la plus-value réalisée lors de la cession est soumise par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé flat tax, à hauteur de 30 % :

12,8 % d’impôt sur le revenu
17,2 % de prélèvements sociaux

Le contribuable peut toutefois opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, auquel cas il bénéficie potentiellement d’un abattement pour durée de détention, sous certaines conditions.

2. Les abattements pour durée de détention

L’abattement vise à réduire la base imposable en fonction de la durée de détention des titres avant la cession.

Abattement classique (titres acquis avant 2018)

50 % d’abattement après 2 ans de détention
65 % d’abattement après 8 ans de détention

Abattement renforcé (PME de moins de 10 ans à la souscription)

50 % d’abattement entre 1 et 4 ans de détention
65 % d’abattement entre 4 et 8 ans
85 % d’abattement au-delà de 8 ans

Ces abattements ne s’appliquent que si le contribuable opte pour le barème progressif. En revanche, le PFU de 30 %reste souvent plus favorable pour les gros montants ou les hauts revenus.

3. Le régime spécifique du dirigeant partant à la retraite

Le dirigeant de PME qui cède son entreprise lors de son départ à la retraite bénéficie d’un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value imposable (article 150-0 D ter du CGI), sous conditions :

• Exercice de fonctions de direction effectives depuis au moins 5 ans
• Détention d’au moins 25 % du capital
Cessation de toute fonction dans l’entreprise et départ à la retraite dans les 2 années précédant ou suivant la cession

Cet abattement s’applique avant le calcul du PFU ou du barème progressif. Il constitue un avantage fiscal majeur pour les dirigeants souhaitant transmettre ou céder leur société en fin de carrière.

4. Cession via une société holding : le régime des plus-values à long terme

Lorsqu’une société holding détient les titres d’une société opérationnelle, la cession bénéficie du régime des plus-values à long terme sur titres de participation, prévu à l’article 219 I-a quinquies du Code Général des Impôts.

Ce régime s’applique lorsque :

• Les titres sont qualifiés comptablement de titres de participation
• Ils sont détenus depuis au moins 2 ans
• La société cédée n’est pas à prépondérance immobilière

Dans ce cas, la plus-value est exonérée à 100 %, mais la société doit procéder à une réintégration extra-comptable de 12 % de la plus-value brute, appelée quote-part de frais et charges (QPFC), soumise à l’impôt sur les sociétés au taux normal.

???? Note technique

La société holding calcule la plus-value totale sur la cession de titres, l’inscrit en produit exceptionnel, puis la déduit intégralement en extra-comptable. Elle réintègre ensuite 12 % de ce montant dans son résultat fiscal, soumis à l’IS.

Exemple :
Pour 1 000 000 € de plus-value, 120 000 € sont réintégrés → taxation à 25 % = environ 30 000 € d’IS.

Si les titres sont détenus depuis moins de 2 ans, le régime des plus-values à long terme ne s’applique pas. La plus-value est alors imposée intégralement à l’IS au taux normal (25 % en 2025).

5. Le report d’imposition (apport-cession – article 150-0 B ter)

Un dispositif très utilisé consiste à apporter les titres à une société holding avant la cession. Cette opération permet de reporter l’imposition de la plus-value jusqu’à la revente des titres reçus en échange.

Conditions principales

• Apport des titres à une société contrôlée par le cédant
Réemploi de 60 % du produit de cession dans une activité économique dans un délai de 2 ans pour conserver le report
• Conservation des titres reçus en échange pendant 3 ans minimum

Ce mécanisme offre une souplesse patrimoniale considérable, permettant de différer la fiscalité tout en optimisant la structuration du patrimoine.

6. Exemple comparatif : détention directe vs via holding

Un dirigeant détient 100 % de sa société, valorisée 1 000 000 €, et souhaite la céder.

En détention directe

• Plus-value imposée au PFU de 30 % → environ 300 000 € d’impôt

En détention via une holding

• Exonération à 100 % avec réintégration de 12 %
120 000 € × 25 % = 30 000 € d’IS

La plus-value reste logée dans la holding, et peut être réinvestie sans fiscalité immédiate.

???? Différence : 270 000 € de capital supplémentaire conservé, pouvant être réinvesti dans de nouveaux projets ou placements.

7. Points de vigilance et conseils Hyperion

✅ Anticiper la cession plusieurs années avant pour bénéficier des régimes favorables

✅ S’assurer de la qualification comptable des titres comme titres de participation

✅ Détention d’au moins 2 ans pour bénéficier de l’exonération et éviter l’IS plein

✅ Attention aux sociétés à prépondérance immobilière, exclues du régime

✅ Accompagnement nécessaire pour sécuriser la structuration juridique et fiscale

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