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Les BSPCE

Les BSPCE : un outil fiscalement avantageux pour associer dirigeants et collaborateurs

Introduction : le levier patrimonial des start-up et PME innovantes

Les Bons de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise (BSPCE) permettent aux dirigeants et salariés d’acquérir, à terme, des titres de leur société à un prix fixé à l’avance.

Créés pour favoriser la croissance des start-up et PME innovantes, les BSPCE constituent un outil de motivation, de fidélisation et d’optimisation patrimoniale particulièrement attractif grâce à leur régime fiscal avantageux.

Contrairement aux stock-options, les BSPCE ne sont pas considérés comme un revenu salarial. Le gain est imposé uniquement au moment de la cession des titres, selon un régime de plus-values mobilières.

1. Principe et fonctionnement

Les BSPCE confèrent à leur bénéficiaire le droit de souscrire ultérieurement des actions de la société émettrice à un prix d’exercice fixé au moment de leur attribution.

Ils permettent ainsi de bénéficier de la création de valeur de l’entreprise entre la date d’attribution et la date de cession des titres.

Les étapes du mécanisme :

Attribution
Les bons sont attribués par décision de l’Assemblée Générale Extraordinaire (AGE).

Période d’acquisition (vesting)
Durée pendant laquelle le bénéficiaire doit rester dans l’entreprise pour exercer ses droits.

Exercice
Levée du droit et souscription des actions au prix d’exercice fixé à l’origine.

Cession
Revente ultérieure des actions, générant une plus-value imposable.

2. Conditions d’éligibilité : société et bénéficiaires

Les BSPCE sont réservés à certaines sociétés remplissant des conditions précises définies par l’article 163 bis G du Code général des impôts.

Conditions relatives à la société :

• société par actions (SA, SAS ou SCA) soumise à l’impôt sur les sociétés en France

• société créée depuis moins de 15 ans

• société non cotée ou cotée sur un marché européen non réglementé (Euronext Growth ou Access)

• capital détenu à au moins 25 % par des personnes physiques ou par des structures elles-mêmes détenues par des personnes physiques

Conditions relatives aux bénéficiaires :

Les BSPCE peuvent être attribués aux salariés et dirigeants de la société émettrice ou de ses filiales.

Les prestataires externes et consultants ne sont pas éligibles, sauf s’ils exercent un mandat social dans l’entreprise.

3. Régime fiscal et social

Les BSPCE bénéficient d’un régime fiscal particulièrement favorable, car l’imposition n’intervient qu’au moment de la cession des actions.

3.1 Fiscalité lors de l’exercice

Aucune imposition n’est due lors de l’exercice du bon.

Le bénéficiaire souscrit simplement les actions en versant le prix d’exercice fixé lors de l’attribution.

3.2 Fiscalité lors de la cession

La plus-value réalisée (prix de cession – prix d’exercice) est imposée selon les règles suivantes :

12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux
si le bénéficiaire exerce toujours son activité dans l’entreprise ou l’a quittée depuis moins de 3 ans

30 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux
si le départ de l’entreprise remonte à plus de 3 ans

Les BSPCE sont donc fiscalement traités comme des plus-values mobilières, et non comme des revenus salariaux.

Ils ne supportent ni cotisations sociales ni contribution patronale.

4. Les BSPCE dans la stratégie patrimoniale du dirigeant

Pour un dirigeant, les BSPCE constituent un outil d’enrichissement différé particulièrement puissant.

Ils permettent de transformer la performance économique de l’entreprise en capital personnel, tout en bénéficiant d’une fiscalité optimisée.

Les titres issus des BSPCE peuvent également être intégrés dans une société holding personnelle, afin de :

• centraliser les participations

• différer la fiscalité lors des réinvestissements via un mécanisme d’apport-cession

• préparer une transmission patrimoniale progressive

5. Exemple chiffré : gain et fiscalité

Un dirigeant reçoit 10 000 BSPCE avec un prix d’exercice de 10 €.

Cinq ans plus tard, il exerce ses bons et revend les actions à 100 € par action.

Prix d’exercice
10 000 × 10 € = 100 000 €

Prix de cession
10 000 × 100 € = 1 000 000 €

Plus-value réalisée
900 000 €

Imposition
900 000 € × 30 % = 270 000 €

Montant net perçu
730 000 €, soit un gain net multiplié par 7 par rapport à la mise initiale.

6. Points de vigilance

Plusieurs éléments doivent être surveillés lors de la mise en place d’un plan de BSPCE :

Vérifier l’éligibilité de la société
Moins de 15 ans, soumise à l’IS et capital détenu majoritairement par des personnes physiques.

Anticiper la valorisation du prix d’exercice
Un prix trop élevé réduit l’intérêt du dispositif, tandis qu’un prix trop faible peut susciter un risque de requalification.

Respecter les conditions de présence
La durée de présence dans la société peut conditionner le bénéfice du régime fiscal favorable.

Anticiper la liquidité
Il est préférable de prévoir un événement de liquidité (cession, rachat ou introduction en bourse) afin d’éviter une situation de blocage.

Intégrer le dispositif dans une stratégie d’actionnariat salarié
Les BSPCE sont souvent utilisés dans le cadre d’un plan global de motivation des équipes clés.

7. Comparatif synthétique : BSPCE / Stock-options / AGA

BSPCE
Réservés aux start-up et PME innovantes. Fiscalité allégée (environ 30 % tout compris) et absence de charges sociales.

Stock-options
Régime fiscal plus lourd avec imposition sur le gain d’acquisition et la plus-value.

AGA (actions gratuites)
Attribution gratuite d’actions avec imposition au moment de l’acquisition et de la cession. Dispositif souvent utilisé par les sociétés plus matures.

En résumé : les atouts des BSPCE

✅ Outil d’association au capital particulièrement adapté aux start-up

✅ Fiscalité très avantageuse comparée aux stock-options

✅ Aucun coût social pour l’entreprise et le bénéficiaire

✅ Puissant levier de motivation et de fidélisation des équipes

✅ Instrument efficace dans une stratégie patrimoniale de dirigeant

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